Sidoine APOLLINAIRE
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Apollinaire

Le poète latin chrétien Caïus Sidonius Apollinaris (430-486), né à Lyon, connu sous le nom de Sidoine Apollinaire, fut gendre de l'empereur romain Avitus, préfet de Rome, puis évêque de Clermont.

On connaît de lui 24 poèmes (carmina) et neuf livres contenant 146 lettres (epistulae).

Le poème ci-contre, écrit vers 470, a déjà été publié par J.Y. Bigot sur son site Web "Alpes Spéléo".

 

Concava longaevas asservant antra tenebras


Qua propter te vel votis sine fine colentes,
Affectum magnum per carmina parva fatemur
Seu te flammatae Syrtes et inhospita tesqua
Seu Caeno viridante palus, seu nigra recessu
Incultum mage saxa tenent, ubi sole remoto
Concava longaevas asservant antra tenebras,
Seu te praeruptis porrecta in rupibus Alpis
Succinctos gelido libantem cespite somnos
Anachoreta tremit, qui quanquam frigora portet,
Conceptum Christi nunquam domat ille calorem.

 

Grottes profondes qui conservent la nuit

 

 


Auprès de toi ou des gens qui honorent sans fin par des voeux perpétuels,
Par nos petits poèmes nous disons et redisons de grands sentiments
Soit que les sables rouges et les déserts inhospitaliers
Soit les marais boueux et verdoyants, soit les noires retraites
Isolées se tiennent dans les sombres rochers où une fois le soleil couché
Les grottes profondes conservent longtemps la nuit,
Soit dans les larges précipices des rochers escarpés des Alpes
Un court sommeil dans un pays gelé est une offrande à Dieu
L'anachorète tremblant, bien qu'il supporte le froid,
Celui-ci ne réduit jamais la chaleur qu'il reçoit du Christ.

Traduction J.Y. Bigot


Bibliographie :
Raymond Collier (1969) - Les origines du christianisme et l'architecture rupestre en Haute-Provence. Annales de Haute Provence, t. XL, n° 255, pp. 305-325.

 

Commentaire :
Intitulé Carmen Eucharisticum (Poème Eucharistique), ce poème célèbre l'ascétisme de saint Fauste, qui pratiquait la vie d'anachorète dans la région de Riez (Alpes de Haute-Provence).
Selon J.Y. Bigot, la description des lieux correspond bien au site de Saint-Maurin
(La Palud-sur-Verdon), où des grottes creusées dans les tufs ont fait l'objet d'aménagements divers.