Une exploration spéléologique
qui finit mal...
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Et pendant ce temps notre lampe que nous économisions minute par minute brûle toujours là-bas au fond du boyau.Une nouvelle série de caresses suivie d'un nouvel essai nous redonne de l'espoir. Il retourne vers la lampe, se baisse une nouvelle fois et la saisit, tenez vous bien, par le réflecteur branlant qui ne tient plus qu'à un fil.

Enfin la voici. Nous reformons la colonne dans le même ordre et emboîtons le pas derrière cette sale bête, toujours à la merci de son flair dont nous commençons sérieusement à douter.

Loin devant nous, nous voyons notre gaillard descendre, dans un bruit de galets roulés, une pente qui doit être assez forte. Nouvelle extinction de lampe pour le retenir mais oh surprise : une faible lueur vacille là-bas au plafond du couloir. Un petit éboulis nous amène dans la grande salle où nous retrouvons par un autre chemin notre lampe à carbure qui achève de s'éteindre en crachotant, et nos musettes.

Il était temps, car la pile de G. ne donne plus qu'un faible rougeoiement au filament de l'ampoule.

Nous profitons de cette dernière lueur pour vider et recharger la grosse lampe. Ayant rouvert le pointeau et pris quelques allumettes dans la vareuse de D., la lampe résiste obstinément à tous les essais d'allumage. Nous constatons avec amertume que son réservoir à eau est vide. Décidés fermement à nous tirer de là, nous finissons par utiliser le... "liquide"... que la nature met à notre disposition, pour pallier le manque d'eau. Nous nous accordons ensuite une orgie de lumière, un repos et un repas bien mérités.

Lampe

Nous avons maintenant devant nous un terrain balisé, une lampe puissante, des bougies, des allumettes, un moral à tout casser, donc plus qu'il n'en faut pour arriver à bon port.

Nous nous engouffrons à la suite du chien dans ce que nous présumons être la galerie 1. Nous avançons rapidement tout en nous étonnant de n'y trouver aucune des balises placées à l'aller. Une légère descente nous amène à un laminoir que personne ne reconnaît, ce qui explique l'absence de balises. Nous reculons en hâte jusqu'à la salle pour réparer cette erreur de parcours.

Aucune balise n'est visible aux porches des 5 autres galeries, mais comme le temps presse nous parcourons successivement la III, la IV et la V sans plus de succès. Toujours terrain inconnu et pas de trace de nos jalons.

Sommes-nous réellement devenus fous ! Pour ma part, la chose ne me paraît guère possible après une bonne halte réparatrice et un joyeux casse-croûte.

R. prend la lampe et nous laissant à nos réflexions dans le noir, repart derechef dans la I présumée. Le voisi au laminoir inconnu d'il y a un instant. Une inspection calme et détaillée de son sol lui procure un bouton de vêtement. Il doit certainement pleuvoir dehors car les suintements de la voûte augmentent d'heure en heure. Après le laminoir aucune trace humaine non plus.

De retour vers ses camarades angoissés et se demandant ce qui avait bien pu arriver, on constate avec joie que le bouton trouvé au laminoir est précisément celui qui manque à la vareuse de D. Nous voilà donc rassurés et engagés pour de bon cette fois dans la I, pas pour longtemps cependant, car le bourbier de ce matin s'est empli d'eau presque jusqu'à la voûte et nous hésitons longtemps à reconnaître le passage tant l'aspect a changé entre temps.

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